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fin-de-la-faim

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Jouer

JOUER . Augustana-Boston

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Création : 25/05/2010 à 13:19 Mise à jour : 27/01/2012 à 09:42

Chronique d'une bête étrange.

« Notre peur la plus profonde n'est pas que nous ne soyons pas à la hauteur. Notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au delà de toutes limites. C'est notre propre lumière et non notre obscurité qui nous effraye le plus. Nous posons la question : "Qui suis-je, moi, pour être brillant , radieux, talentueux et merveilleux ?" En fait, qui êtes vous pour ne pas l'être ? Vous êtes un enfant de Dieu. Vous restreindre, vivre petit ne rend pas service au monde. L'illumination n'est pas de vous rétrécir pour éviter d'insécuriser les autres. Nous sommes nés pour rendre manifeste la gloire de Dieu qui est en nous. Elle ne se trouve pas seulement chez quelques élus, elle est en chacun de nous, et au fur et à mesure que nous laissons briller notre propre lumière, nous donnons inconsciemment aux autres la permission de faire de même. En nous libérant de notre propre peur, notre puissance libère automatiquement les autres. » Nelson Mandela.

"Oh ! ce philosophe insensé qui éclata de rire, en voyant un âne manger une figue ! Je n'invente rien : les livres antiques ont raconté, avec les plus amples détails, ce volontaire et honteux dépouillement de la noblesse humaine. Moi, je ne sais pas rire. Je n'ai jamais pu rire, quoique plusieurs fois j'aie essayé de le faire. C'est très difficile d'apprendre à rire. Ou, plutôt, je crois qu'un sentiment de répugnance à cette monstruosité forme une marque essentielle de mon caractère. Eh bien, j'ai été témoin de quelque chose de plus fort : j'ai vu une figue manger un âne "

"Oh ! ce philosophe insensé qui éclata de rire, en voyant un âne manger une figue ! Je n’invente rien : les livres antiques ont raconté, avec les plus amples détails, ce volontaire et honteux dépouillement de la noblesse humaine. Moi, je ne sais pas rire. Je n’ai jamais pu rire, quoique plusieurs fois j’aie essayé de le faire. C’est très difficile d’apprendre à rire. Ou, plutôt, je crois qu’un sentiment de répugnance à cette monstruosité forme une marque essentielle de mon caractère. Eh bien, j’ai été témoin de quelque chose de plus fort : j’ai vu une figue manger un âne "
    
« S. aux boules », 2000. Affiche 120 x 180 cm. © Michel François.
 
All is done, je vais être prise en charge au Relais. Suivie par une psychologue pour l'instant, psychiatres et enseignants dans les semaines à venir. Je resterai là-bas le temps de 30 entretiens. Au delà, on parlera psychiatres et/ou hospitalisation. Je vais découvrir ma nouvelle psy lundi midi, j'espère qu'elle sera dure. Après tout, si je daigne poser mon gros cul 1h/semaine sur le bords de leurs fauteuils, est-ce pour trouver de la pitié ? Non, non et non. J'en ai déjà bien assez lu dans le regard des autres, de la pitié. Je ne veux plus qu'on me ménage. Je ne veux pas pourrir d'avoir été trop préservée. J'ose prétendre à ma qualité d'être humain normatif, est-ce beaucoup demander ? J'ai accepté beaucoup de choses à cause de l'anorexie, de la boulimie, de la dépression. J'aurais pu aller plus loin si je n'avais pas été malade !
A 8ans, je disais aux grandes personnes que «Moi, plus tard j'habiterai dans un phare et j'écrirai des livres». A 10ans, je parlais aux arbres. Mais à 15ans, j'avais la tête dans la cuvette. J'ai trop survécu pour vivre les pieds sur Terre. 
  
"Oh ! ce philosophe insensé qui éclata de rire, en voyant un âne manger une figue ! Je n’invente rien : les livres antiques ont raconté, avec les plus amples détails, ce volontaire et honteux dépouillement de la noblesse humaine. Moi, je ne sais pas rire. Je n’ai jamais pu rire, quoique plusieurs fois j’aie essayé de le faire. C’est très difficile d’apprendre à rire. Ou, plutôt, je crois qu’un sentiment de répugnance à cette monstruosité forme une marque essentielle de mon caractère. Eh bien, j’ai été témoin de quelque chose de plus fort : j’ai vu une figue manger un âne "
  
Cette image, c'est la maladie photographiée. Ou du moins, la seule représentation sensible la plus exacte que j'ai su m'en faire. Bébés sages, jeunes filles bien rangées, adolescentes dociles. Anorexiques-boulimiques que nous sommes -perfection oblige- avons grandi dans les règles de l'art. Et puis, nous sommes tombées malades. De médecins en psychiatres, d'infirmières en nutritionnistes, la maladie silencieusement s'est emparée de nos têtes, de nos corps, de nos mains. Mais que crier, où aller, à qui dire que nous sommes prises au piège dans les griffes de cette  assassine méduse qu'est l'anorexie-boulimie ? Que dire ? Quoi écrire ? Nous sommes condamnées comme un grand-père de 86ans à qui on annoncerait qu'il allait mourir demain. Souvenez vous des mots de Simon & Garfunkel «Silence like a cancer grows» ! Nous les êtres hybrides, nous les enfants/grand-mères, nous ne saurons vivre autrement que ces hommes usés par ces années à la guerre. Nous avons vu l'horreur humaine et tutoyé la mort. C'est au pas de course que nous avons grandies, arrachées à l'enfance par les coups, par les larmes et surtout par un putain de silence. Oserez-vous encore croire que cette perfusion ne représente que le troisième âge ? Oserez-vous encore vous taire ? C'était nous contre le monde, et ça quoi qu'il arrive.
Cette chanson, c'est notre cicatrice.
   
Il suffirait de presque rien 
Peut-être dix années de moins 
Pour que je te dise je t'aime 
Que je te prenne par la main 
Pour t'amener à Saint-Germain 
T'offrir un autre café crème 
 
Mais pourquoi faire du cinéma 
Fillette allons regarde moi 
Et vois les rides qui nous séparent 
À quoi bon joué la comédie 
Du vieil amant qui rajeunit 
Toi-même ferais semblant d'y croire 
 
Vraiment de quoi aurions-nous l'air 
J'entends déjà les commentaires 
Elle est jolie 
Comment peut-il encore lui plaire 
Elle au printemps, lui en hiver 

Il suffirait de presque rien 
Pourtant personne tu le sais bien 
Ne repasse par sa jeunesse 
Ne sois pas stupide et comprends 
Si j'avais comme toi 20 ans 
Je te couvrirais de promesses
 
Allons bon voilà ton sourire 
Qui tourne à l'eau et qui chavire 
Je ne veux pas que tu sois triste
Imagine ta vie demain tout à côté d'un clown
En train de faire son dernier tour de piste 
 
Vraiment de quoi aurais-tu l'air 
J'entends déjà les commentaires 
Elle est jolie 
Comment peut-il encore lui plaire 
Elle au printemps, lui en hiver
 
C'est un autre que moi demain 
Qui t'amènera à Saint-Germain 
Prendre le premier café crème 
Il suffisait de presque rien 
Peut-être dix années de moins 
Pour que je te dise je t'aime.
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#Posté le jeudi 26 janvier 2012 12:38

Modifié le vendredi 27 janvier 2012 09:42

Et dire qu'ailleurs on les punit, ces faiseurs de délit, ces défaiseurs de lits.

Et dire qu'ailleurs on les punit, ces faiseurs de délit, ces défaiseurs de lits.
   
J'arrête les conneries. Je recommence un suivi psy. 
A Dupré, ou en cabinet. Je m'en fiche.
I need to talk. 
 
Mon premier semestre est un désastre. J'ai raté magistralement. En long, en large et en travers. Oui, Monsieur. Pourquoi ? Il n'y a pas de pourquoi. Je suis incapable de rester concentrée plus de cinq minutes d'affilée, j'ai «un tête bien faite» qui tourne pas rond. Voilà, pourquoi. J'ai essayé, plantée devant ma feuille, d'apprendre. Mais ma tête est ailleurs. Le monstre m'a rongée de l'intérieur. Court-circuit. Ça tourne à toute à allure. A l'envers. Je veux comprendre le monde. A vrai dire, ce ne sont pas les pourquoi qui manquent, j'ai des questions à toutes vos réponses, moi. Le vrai problème, c'est qu'il y a trop de pourquoi sans parce que. Souffrir passe, avoir souffert ne passe pas. J'suis une écorchée vive. Le conseil de classe vient de prendre fin. Plusieurs de mes professeurs m'ont retenue à la fin du cour pour parler. Ils sont très inquiets. Il parait que j'ai l'air d'être en grande souffrance psychologique. Qu'auraient-ils dit s'ils m'avaient vue il y a un peu moins d'un an ? Petite allumette que j'étais, la tête vissée dans la cuvette ? Les larmes aux yeux, les mots noués dans la gorge. J'ai beaucoup marché. Je suis tourmentée mais je vais bien. Mieux. Qu'ont ils cru ? Qui osera me dire qu'à mon âge tout reste à faire ? 
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#Posté le lundi 23 janvier 2012 11:45

Modifié le lundi 23 janvier 2012 12:46

Are you alive ?

Are you alive ?    
J'ai vomi. Voilà, c'est dit, c'est lâche. A cause du gluten ? Je ne sais pas. Je sature, l'allergie me bouffe la vie, le gluten est partout, les conséquences trop lourdes à porter. Physiquement, je ne tiens plus. Une erreur de débutante, et c'est tout qui bascule. D'abord la toux, puis les vertiges, les aphtes qui débarquent, la gorge qui gonfle jusqu'à friser l'implosion, les nausées, la gerbe, la fatigue, les joues qui doublent de volume ! Voilà à quoi ressemble mon quotidien. Blé, avoine, orge, seigle ? Voilà ce qu'on m'avait dit. Mais le gluten s'infiltre partout : plats transformés, chocolat, boissons, dentifrice, baume à lèvre, médicaments, contaminations croisées dans les chaînes de fabrication, couverts des autres... Le corps lâche. La tête aussi. 
 
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#Posté le mercredi 18 janvier 2012 13:24

Modifié le mercredi 25 janvier 2012 05:56

Qu'est ce qu'un artiste ?

Qu'est ce qu'un artiste ?
 
Différente ? Il paraît. Bête étrange ? On dirait. Sauvage ? On ne sait pas.
Il avait peut-être raison, elle n'était pas d'ici. 
 
Vous voyez cette homme, sur la peinture. Il s'appelle Edvard Munch. Il a peint. Beaucoup. Il a souffert aussi. Il était différent. Alors on l'a enfermé entre quatre murs, pour faire taire le bruit qui grondait, il fallait tuer le monstre qui le rongeait. Le monstre a crié cette toile. Et je crois que ce cri était à lui seule une métaphore de la maladie toute entière. De loin, il a l'air d'aller bien, peut-être mieux, qui sait ? Il est habillé de noir. Il est vêtu de ces nuits passées sous les ponts, à écouter dormir la ville. De loin, il a l'air d'avoir beaucoup marché, mais d'avoir été sauvé par on ne sait quel troubadour. Mais quand on regarde de plus près, on peut voir ces dizaines de balafres colorées qu'il porte sur le visage. Et s'il portait un masque ? Un masque aux couleurs de la vie, pour endormir ses souffrances et essuyer ses blessures ?
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#Posté le samedi 14 janvier 2012 12:00

Modifié le mercredi 25 janvier 2012 05:56

Edvard Munch.

Edvard Munch.   
Parce que si les philosophie optimistes s'effondrent, force est de voir l'origine du mal dans la conscience, mieux, de reconnaître que la conscience est le mal radical. Elle est en effet maladie. En quel sens ? Par sa clairvoyance, plus exactement par sa nature de miroir déformant. L'instinct, l'Éros de l'animalité est hors des catégories morales par ignorance de sa fin, alors que le désir humain se connait en tant que désir, même s'il en ruse avec son sens. Il se trouve ainsi dans son mouvement même. A l'inverse de Pascal, la réflexion pour Dostoïevski ne fonde pas la grandeur de l'homme mais seulement la misère se ce n'est la malédiction car, en outre, dans l'acte par lequel j'éprouve mon intériorité, je me coupe du monde extérieur, je deviens un être séparé, étranger à tout étranger à mes semblables, voué à la solitude, à un exil sans remède. Enfin, muré dans mon terrier, j'en suis réduit à me prendre d'un amour bizarre, honteux donc pour cette loge fétide ! L'homme souterrain ne connait plus que ses images, devient comédien de lui-même. Par la rêverie, les spectacles imaginaires, il récupère une dérisoire puissance. En ce domaine, nul obstacle puisque je tiens les ficelles et me sens infiniment libre ! Au lieu d'agir, je me contente d'assister aux scène d'un théâtre dont je suis à la fois le plateau et dans la salle ! La perversion est redoublée par le glissement du stade éthique au stade esthétique. L'humiliation est un tourment, mais la conscience aiguë de l'humiliation peut devenir une jouissance : «J'en arrivais au point de ressentir une sorte de petite jouissance secrète, anormale, vulgaire à rentrer dans mon coin par une de ces vilaines nuits pétersbourgeoises , à me rendre parfaitement compte que j'avais fait une saleté... et à me ronger moi même avec les dents, à me mordre, à me sucer moi même jusqu'à ce que l'amertume se transforme enfin en une douceur honteuse, maudite et enfin en une jouissance décisive, sérieuse. Oui, une jouissance !...» Robert André, préface de Les nuits blanches. 
 
 
 
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#Posté le vendredi 13 janvier 2012 09:42

Modifié le mercredi 25 janvier 2012 05:56

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